La consommation d’eau dans les stations de ski

En montagne, la demande d’eau dans les stations de ski en hiver augmente en raison du pic de fréquentation touristique et du réchauffement climatique. … Or, en hiver, la rivière est à son point le plus bas pendant les périodes d’étiage. Comment faire pour gérer l’eau ? L’enjeu est de taille, tant pour la population que pour la planète. Désormais, l’eau est une denrée rare qu’il faut préserver dans les stations de ski. Pour les domaines skiables, il faut vite trouver une solution car les pressions sur l’eau peuvent entraîner des tensions sur les ressources et des conflits d’usage.

Les stations de ski accros à la neige artificielle

1. Le réchauffement climatique

Ces dernières années, les stations de ski sont confrontées à une baisse de l’enneigement naturel, causée par le réchauffement climatique. Seulement, les stations ont de plus en plus recours à l’eau pour créer des enneigements artificiels. Résultat, la consommation d’eau a doublé cette dernière décennie. Malheureusement, aucun contrôle n’est fait sur l’utilisation de l’eau et les canons à neige sont alimentés à leur guise. A titre d’exemple, les représentants des grands domaines skiables déclarent qu’un hectare de piste en neige artificielle consomme 4 000 m3 d’eau par an, l’équivalent d’une piscine olympique, produits par trois canons à neige. Soit à peu près 28 millions de m3 d’eau consommée chaque année par les enneigeurs. A savoir que les stations de ski couvrent une surface de près de 300 000 hectares. Inquiets, les instances politiques tentent donc de trouver des solutions pour éviter de fermer les petites stations de ski par manque d’eau. Pire encore, d’ici 2025, certains scientifiques pensent qu’il sera casi impossible de maintenir les stations en dessous de 1 800m. Par ailleurs, un autre problème persiste, en plus d’être la cause des nombreux prélèvements sur la ressource d’eau, les canons à neige ont un coût trop conséquent. En effet, il s’élève de 5 à 7 euros/m3 d’eau transformé en neige. Autrement dit, si les instances politiques ne trouvent pas rapidement une solution, l’eau manquera et de plus en plus de conflit d’usage vont ainsi se créer.

2. La fréquentation touristique

L’eau manque de plus en plus, mais ce n’est pas le cas des touristes. Effectivement, alors qu’il y’a de moins en moins d’eau, la fréquentation touristique dans les stations de ski a doublé ces dernières années. Par exemple, avant la pandémie de Covid19, la station Valloire en Savoie est passée de 1 000 habitants à plus de 17 000 en dix ans, pendant la saison de ski. Autre exemple, aux Belleville, qui regroupent les stations de Saint-Martin, Les Menuires et Val-Thorens, on est passé du jour au lendemain de 3 000 habitants à 60 000. En 1977, ce domaine skiable proposait 25 000 lits disponibles contre 55 000 aujourd’hui.

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Seulement, il va falloir rapidement réagir et faire des campagnes de sensibilisation à l’eau car les skieurs ne sont pas des consommateurs comme les autres. En station, chaque client consomme en moyenne 125 litres par jour contre 100 litres en ville. C’est que les stations investissent aussi de plus en plus dans les spas, piscines à vagues et autres centres aqualudiques pour occuper les touristes quand les remontées mécaniques s’arrêtent. En d’autres termes, Belleville doit fournir chaque jour de cette période hivernale l’équivalent de 360 piscines olympiques pour combler les besoins des touristes et alimenter au passage les canons à neige. Mais en 2030, les stations du domaine skiable des Belleville ne pourront plus subvenir aux besoins en eau trop conséquents si ce phénomène continue. Sachant que le domaine skiable des Belleville n’est qu’un exemple parmi tant d’autre.

3. Les conflits d’usage

Vous l’avez compris, l’eau se fait de plus en plus rare. Comme toutes les denrées, l’eau risque d’être ainsi très convoitée et des choix vont devoir être faits. Sauf que tout le monde n’aura pas un accès illimité à l’eau et des conflits d’usage vont s’intensifier dans les stations de ski, déjà touchées par le manque d’eau alors même que nous sommes qu’en 2021. D’ailleurs, récemment, un premier conflit d’intérêt a eu lieu dans les Alpes d’Huez en 2017. En effet, la station et ses plus de mille canons à neige s’est vu reporter un projet immobilier pour cause de ressource en eau insuffisante. Etant donné que la station est alimentée uniquement par le Lac Blanc, et que ce dernier connait des fuites naturelles, l’épuisement de ses ressources en eau est rapide et les instances politiques ont préféré suspendre un projet qui puiserait trop d’eau pour le Lac Blanc. Ainsi, le manque d’eau dans cette station a déjà provoqué des tensions au cours des mois de février et mars 2017.

Pour conclure, l’eau s’amoindrit dans les stations de ski. Alors que la demande est abondante, que ce soit de la part de la station en elle-même, ou de la part des touristes, les instances gouvernementales vont devoir trouver une solution. Sous peine de se retrouver sans eau et avec des conflits d’usage en prime.

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