Focus sur la vallée de l’Arve : la vallée de la mort !

Depuis maintenant quelques années, la Vallée de l’Arve est au cœur d’une polémique liée à la pollution aux particules fines. Bien que celle-ci possède un patrimoine riche et un tissu économique particulièrement solide, ces facteurs ne font pas l’unanimité lorsqu’on on se pose la question du respect de l’environnement.

Si cette vallée est certainement l’une des zones les plus polluées de France ce n’est pas pour rien. Quotidiennement ce sont plus de 41 communes qui doivent vivre avec une qualité d’air très mauvaise, ce qui nous force à nous demander si celui-ci est vraiment aussi « pur » qu’il y paraît dans les Alpes.

Quelles sont les raisons de cette pollution dans la vallée de l’Arve ?

Les particules fines sont majoritairement présentes dans cette vallée car il y une stagnation de l’air qui est dû à l’inversion des températures. Il faut savoir que les habitants sont confrontés à la pollution aussi bien en été qu’en hiver. Cependant, nous l’apercevons plus en période hivernale car les polluants se retrouvent emprisonnés sous une couche d’air froid, d’où cette brume flottante.

En été c’est différent puisque c’est l’ensoleillement qui favorise l’apparition de l’ozone.

La Vallée de l’Arve est une vallée compacte, qui n’est pas étendue donc cette dernière est prédisposée à accumuler cette pollution.

Elle se distingue également des autres grâce à sa forte présence dans le secteur du décolletage qui en fait un lieu historique. La Vallée de l’Arve héberge deux tiers de l’activité française de décolletage.
Cependant, cette activité nécessite forcément la présence d’usines, et ces dernières sont une cause de pollution aux particules fines de dioxyde d’azote et de benzopyrène.
Une étude a récemment démontré la présence de cadmium lors de prélèvements capillaires sur des enfants. Ce métal lourd provient essentiellement des métallurgies mais les usines de décolletage en émettent aussi. Une information qui fait froid dans le dos car le cadmium présente de nombreux risques cancérigènes.

Le transport est classé comme l’un des facteurs les plus importants en émission de CO2 en France et cela est particulièrement vrai en Haute-Savoie puisqu’il représente 17% dans la contribution aux émissions de particules fines dans la Vallée de l’Arve.
Avec la présence de l’A40 et du Tunnel du Mont-Blanc ce sont, chaque année, 600 000 camions de livraison qui circulent et traversent la frontière franco-italienne. En plus de ces camions on retrouve également le trafic lié aux voitures avec notamment les déplacements pour les vacances dans les périodes à haute fréquentation comme l’hiver.

La dernière source principale de pollution dans la Vallée de l’Arve est dû au chauffage individuel au bois. Cet élément représente environ 70% sur une année et pas moins de 80% par un jour de grand froid.
Ces cheminées à l’image légèrement rustique sont en réalité un produit d’appel pour de nombreux vacanciers même si l’on sait qu’en matière de chauffage, ces dernières sont inefficaces.

La pollution, une source de danger au quotidien :

Cet air pollué est bien évidemment toxique pour notre santé et les risques sont nombreux. Il faut savoir que le taux de mortalité dans la Vallée de l’Arve est plus conséquent qu’ailleurs car l’air respiré est dangereux. En effet, selon l’organisme Santé Publique France, la pollution provoque 85 décès prématurés par an, ce qui représente 8% de la mortalité totale.

Elle peut engendrer des maladies cardiovasculaires, respiratoires et neurologiques allant jusqu’à provoquer l’apparition de cancer.
La pollution aux particules fines est vraiment un sujet à prendre au sérieux car tout le monde en est victime et ce peu importe l’âge. Dès la naissance des maladies ou symptômes peuvent apparaitre comme l’asthme ou les otites.

Une réduction de 30% des polluants permettrait de réduire de moitié le nombre de morts prématurés chaque année dans cette vallée.

Que faut-il faire pour remédier à cet air pollué ?

Des solutions peuvent être adoptées pour réduire cette pollution présente dans la Vallée de l’Arve et certaines ont déjà été mises en place. Un plan de protection de l’atmosphère (PPA1) a été établi de 2012 à 2017 et un nouveau est actuellement en place depuis 2018 et ce jusqu’en 2023 (PPA2). Ces « PPA » permettent de planifier les actions à mener pour reconquérir et préserver la qualité de l’air ainsi que la qualité de vie des 155 000 habitants sur le territoire de la vallée de l’Arve.

Préfecture de Haute-Savoie, à Annecy

La préfecture de Haute-Savoie a présenté certaines mesures dans le cadre du plan de protection de l’atmosphère. Parmi celles-ci on retrouve un arrêté qui entrera en vigueur le 1er janvier 2022, visant à interdire de manière stricte l’utilisation des chauffages à bois à foyer ouvert.
Le dispositif Fonds Air Bois, une action du PPA2, a financé jusqu’à maintenant plus de 3600 remplacements d’appareils de chauffage et envisage d’en financer 2900 autres d’ici quelques mois. Une aide de 2000 euros est proposée afin de soutenir l’achat de ces nouveaux appareils.

La préfecture compte également agir sur les limitations de vitesse pour réduire les émissions de polluants atmosphériques pour tous les véhicules motorisés. Ainsi, un abaissement de la vitesse de 20 km/h pour les vitesses supérieures ou égales à 90 km/h et une limitation à 70 km/h pour les routes à 80 km/h sont appliqués sur l’ensemble de la vallée.

Avec ce PPA en rigueur, il est dorénavant interdit d’effectuer des travaux d’entretien ou de nettoyage avec des outils non électriques comme la tonte de votre pelouse ou de votre haie par exemple. En effet l’utilisation de ces outils, qui pour la plupart fonctionne à l’essence, représente une très grande source d’émission de particules fines.

D’autres solutions ont quant à elles été exposées par le chef de l’Etat lui-même lors de sa visite les 12 et 13 février 2020 dans la vallée.
Le Président a pour l’occasion exprimé sa volonté d’améliorer l’intensité énergétique dans l’industrie. Une action qui nécessitera forcément des gros moyens, mais qui sur le long terme s’avèrera utile et bienfaisante pour préserver la qualité de l’air en Haute-Savoie.

Dans l’optique de favoriser l’utilisation du train comme moyen de transport, Emmanuel Macron compte proposer une offre ferroviaire améliorée aux habitants de la vallée. L’objectif est clairement de réduire au maximum les trajets que l’on effectue en voiture et de ce fait minimiser les émissions rejetées.

Depuis le 1er janvier 2019, la Commission Intergouvernementale du tunnel du Mont-Blanc a acté l’interdiction pour tous les poids lourds classés « Euro 3 » d’accéder à ce dernier. Cette mesure intervient dans la continuité des dispositions établies en 2012 vis-à-vis des poids lourds Euro 2.

Ces catégories sont en réalité un classement Certificat qualité de l’air Poids lourds qui définissent le niveau de pollution de ces véhicules. Les normes Euro sont fixées en fonction de la date de la première immatriculation du véhicule en question. Pour ces poids lourds classés Euro 3, la date de la première immatriculation est comprise entre le 1er janvier 2001 et le 1er janvier 2006. Tous les 5 ans une nouvelle série de normes vient remplacer la précédente. Ces nouvelles normes se veulent plus strictes afin d’atteindre des véhicules toujours moins polluants.

Concernant cette norme, il est dorénavant obligatoire de disposer de la vignette automobile Crit’Air qui, en cas de pics de pollution dans certaines zones et agglomérations, jugeras si votre véhicule pourra circuler ou non. Des agglomérations telles que Annecy ont déjà mis en place ces « ZCR » autrement dit ces « zones à circulation restreintes » notamment lorsque la ville était en vigilance orange due à un taux de pollution atmosphérique trop haut.
Un renforcement des contrôles anti-pollution liés à cette vignette sera par ailleurs opéré dans le Grand Genève a assuré le chef de l’Etat. Rappelons tout de même qu’en cas de non-respect à ces restrictions ZCR, à l’absence ou à l’affichage de cette vignette, une amende de 68€ est applicable (un montant minoré à 45€ et majoré à 180€).

Enfin, nous en parlions tout à l’heure, les transports en commun doivent impérativement être développés grâce au covoiturage mais aussi en facilitant l’accès aux gares. Vous l’aurez compris, il faudra s’attendre à voir de plus en plus de parkings à vélos, ou encore de parc relais dans les villes si nous voulons avoir une meilleure qualité de l’air.

Ces PPA ont déjà fait leurs preuves et présentent des résultats satisfaisants, qui sont quantifiés avec une baisse de 18% pour les particules en suspension et de 20% pour les oxydes d’azote. De plus, les 3000 premières installations non performantes remplacées dans le cadre du Fonds Air Bois du PPA2 semblent également avoir eu un impact positif sur la fréquence des épisodes de pollution et cela sera d’autant plus visible après que l’arrêté sera mis en vigueur le 1er janvier 2022 prochain.
En somme, ces restrictions interviennent dans l’unique but de nous débarrasser le plus efficacement possible de cette pollution, qui au-delà de l’enjeu politique, représente une véritable menace pour la santé des habitants Haut-Savoyards.

Quel impact cela peut-il avoir sur les montagnes ?

Il ne faut pas se leurrer les sommets des montagnes sont eux aussi contaminés par la pollution. Plus particulièrement ceux qui sont enneigés car la pollution atmosphérique des villes peut créer des aérosols qui viennent se déposer sur cette neige. Un autre phénomène que l’on peut constater en montagne est celui de l’ozone car, là-haut, les ultraviolets sont plus forts et cela créent donc plus de réactions chimiques.
Le changement climatique que subissent les montagnes, à savoir le réchauffement des températures, provoque de nombreuses catastrophes qui nous font réaliser qu’il est temps d’agir.

La hausse de ces températures a un effet très néfaste sur la santé de la montagne. Premièrement vis-à-vis de la neige car plus les années passent et moins nous en avons. Deuxièmement vis-à-vis des glaciers, fragilisés par l’érosion, ce qui implique leur fonte et crée des éboulements.

Par ailleurs en vue de protéger le Mont-Blanc, le 1er octobre 2020 la secrétaire d’Etat ainsi que Bérangère Abba, ministre de la transition écologique en France, ont signé un arrêté de protection des habitats naturels (APHN).
Celui-ci visera à :

  • Interdire d’apporter tout type de véhicule, d’atterrir par tout moyen sauf exceptions telles que le ravitaillement des refuges ou la réalisation de travaux
  • De laisser pénétrer des animaux domestiques
  • Interdire de bivouaquer
  • De cheminer le long de la voie du tramway du Mont-Blanc
  • D’organiser des manifestations peu importe leur nature
  • De poser des drapeaux ou d’édifier des structures ou artifices

La préfecture précise que le périmètre de protection est étalé sur 3 communes à savoir celle de Chamonix, de Saint-Gervais ainsi que celle des Houches.

Un outil de préservation qui va permettre de réguler le flux de personnes voulant s’aventurer au Mont-Blanc, qui, rappelons-le attire pas moins de 15 000 et 20 000 prétendants chaque année, allant même jusqu’à atteindre 500 personnes par jour durant l’été.

En ville la pollution représente un fléau pour les habitants de Haute-Savoie. De plus, quand bien même si l’air est meilleur au sommet des montagnes car c’est à proximité des facteurs d’émissions qu’il est le plus mauvais, il reste néanmoins contaminé.

La pratique du sport se voit très contrainte dans cette vallée comme en montagne car l’air respiré est mauvais et mène très rapidement les sportifs à avoir des pertes de respiration ou encore de la fatigue. Cependant, le problème majeur est celui de la santé et de l’impact que peut avoir la pollution dessus.

En vue des actions planifiées et d’ores et déjà mises en place, le gouvernement semble avoir pris conscience que le cas de la Vallée de l’Arve est préoccupant.

L’heure n’est plus à la réflexion mais à l’action.

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